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JO CASSEN

Ecrivain, théâtre et poésie

Méduse

Le temps n’ajoute rien à tout ce que je sais

Même si le propos apparaît péremptoire

Et que d’aucune part je n’aie échappatoire

Je ne resterai pas debout au bord du quai.


Je suis tellement las du confort du jouet

Que même un petit rien amuse et me distrait

Le bonheur fort subtil du croqué dans la pomme.


La vanité du mâle ou sa crédulité

Les artifices vains et la futilité

De femme dont on dit, c’est l’avenir de l’homme


Tu dirais pis que pendre, encor je serais gai

Quand bien même engoncé dans la rude avaloire

Ton sourire éhonté tel fastueux pourboire

Le luxe obsession invite à divaguer.


31/05/2013

Aux nuages mes yeux

Poème Lauréat du Concours National de poésie 2014

Des Editions BORD DU LOT 

Aux nuages mes yeux

Anamorphoses Nathalie Cuisset

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Aux nuages mes yeux, une vaine requête,

Dans l’utopique espoir de découvrir enfin,

Le message secret, celui qui donne faim,

Et qui hante toujours mes songes de conquête.


Le ciel a revêtu partout le coton blanc,

L’étourneau s’est enfui et règne le silence ;

Je ressens alentour, une douce indolence,

Instant délicieux, presque même troublant.


J’invente une figure, une forme inconnue,

Etrange créature, et je crée un décor

De vertige illusoire, ou d’un coquin de sort,

Le rêve et le réveil, l’idylle reconnue.


Pourquoi faut-il déjà rompre ce doux moment

Revenir au présent, chasser le sortilège

Et imiter le vent, indigne sacrilège,

Qui efface l’image et conclut le roman ?


Je crois à l’irréel, la rencontre improbable,

La fusion des senteurs, la force de l’aimant

Sublime fumerolle, hymne de fol amant

Espace ésotérique, ivresse inoubliable.


25/08/2013

Anamorphoses

A la calanque

J’ai voulu caresser ta blanche peau

Si fraîche,

Lors, assoiffé d’éternel, sans pudeur

Ni crainte

J’ai voulu m’abreuver

Et m’enivrer encore

Au délicieux nectar du secret

Si tendre.


Au plaisir interdit, sans oripeau

La crèche

Puis, révéler la magique splendeur

Contrainte

Jusqu’alors ; élever

La pulsion autochore

L’embrasement du mystérieux crêt

Et prendre.

Jour de fête

Silhouette élancée,

La brune chevelure,

L’œil aigu te saisit,

Sa bouche te gourmande.


Elle s’est plantée ici

Tout près de la tonnelle

Et insensible à tout

Paraît en autre monde.


Serait-elle tancée

Par un parent ému,

Persisterait constante

Dans le port incongru.


Tu es dans son regard,

Etonné, sa posture

Aimante un interdit

Que trop bien tu déclines.


Les longues jambes fines,

Les pointus petits seins,

Et plus encor ce rire

Si discret, des témoins


De l’émoi. Elle et toi

L’impossible gamberge

Ton intérêt puéril

Détourne son périple ;


Poursuis une chimère,

Un mirage furtif

Avatars à exclure

Tu es dans l’illusion.

Carambouille

C’est ainsi, sans mesure, ou étourdi parfois,

Quand épuisé déjà par l’effort inutile,

Interrogeant en vain un autre lendemain

Pour fouler à loisir une plaine sauvage ;


Vers l’horizon rêvé,

Etrange métaphore,

Sommet inviolé

Pour le choc impossible.


Bras ballants, ahuri, comme souventefois

Presque désespéré d’un espoir si futile

Te prends à regretter magique tournemain

Qui eût pu te permettre un ultime ravage ;


Dérision d’endêvé.

Enclos dans une amphore

Pantin affriolé

Rejoint le putrescible.

Nuages

Je te sens fort étrange

Le délétère climat

Serait-il de nature, et ce quoi que l’on dise

A t’affecter encore ? A mon fort désespoir

Je dois rendre les armes,

Point ne saurais t’aider,

Même à l’ultime fois.


Tu vivais à la frange,

Muse étrangère au frimas,

C’était belle posture, et quoi que l’on médise,

Tu avais fière allure. Et fi de l’échaudoir,

Tu sus cacher tes larmes.

Nul ne sait plus plaider

Pas même quelquefois.


Le temps s’en est allé

Avec lui, mon voyage,


Sous le ciel étoilé,

Sombre dans les nuages.

Pourquoi ?

Quelle étrange amertume…

La nuit tombe soudain,

Mes pas sur le bitume

Un néant anodin.


J’ai cru apercevoir au lointain la grande ourse

Les points étincelants de l’étonnant chariot

Pour un songe lascif qui suspendrait ma course

Et me laissant pantois, ô pauvre scénario.


Le vide est dans la tête,

Il peuple tout l’esprit

Une bulle m’entête

Qui fleure l’incompris.


J’ai dû me sustenter, j’en ressens le vertige

De toxiques liqueurs ou philtres délirants

L’image éblouissante, un démon de prodige

Baisser la garde encore, allégeance aux tyrans.


30/10/2013

les oiseaux

Vois-vu ce que je sens ?

Perçois-tu ce que j’espère ?

Saurais-tu mettre infime accent

Au propos ci tenu, à l’ultime repère ?


Tes émois sont les miens,

On appelle « sympathie »

Cet étrange pouvoir, ce lien

Subtil et dérisoire où se rompt l’apathie.


Il est délicieux,

Secret, fantasme d’échange

Miroir ; territoire des dieux

Où s’expriment ravis ceux que rien ne dérange.


Car toi qui es en moi

Unique écume, une perle

Si rare, amène fleur d’émoi,

La singulière force en notre Clochemerle.

Elle, lui, une nuit 

Ce poème figure dans le tome 2 de l'Anthologie 2014

de FLAMMES VIVES

Une nuit,

Elle, lui.


Violence,

Fard,

Déshérence,

Vertige du cafard.


Une nuit,

Elle, lui.

Le silence

Tard,

Une chance,

Le si bel avatar


Une nuit,

Elle, lui.


Confluence,

Bar,

Congruence,

Refus d’autre bobard.


Une nuit,

Elle, lui.

Résurgence,

Art,

Emergence,

Tuer le vétillard.


Elle, lui

Une nuit.

Jusqu'au dernier repas

Jusqu'au dernier repas

Anamorphoses

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Sais- tu combien je t’aime ?

As-tu songé parfois, en tes soirs de cafard

Lorsque le temps maussade habille tout de blême

Ton fol esprit hagard,


As-tu songé parfois,

Que des yeux embrumés te dessinent sublime

Et portent le destin à chercher l’autrefois,

Tel forçat et sa lime ?


En tes soirs de cafard,

Oses-tu souvenir des instants bucoliques

Allongés sous la lune en son rayon blafard

Pour nos chants idylliques ?


En tes soirs de cafard,

Peux-tu encore un peu, jouir de quelque envie

De désirs de conquête assouvis sans le fard ;

Juste rester en vie.


As-tu songé parfois,

A tuer le démon, belle tête brûlée,

Débarquer le tantale ? Essaies-tu quelquefois

Geste non fabulée ?


Sais- tu combien je t’aime ?

Le temps effacera des images, des pas

Jamais je n’entendrai le plus fol anathème

Jusqu’au dernier repas.

Ailleurs

Ailleurs

Anamorphoses Nathalie Cuisset

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J’ai longtemps voyagé par les monts

Sur les eaux, et en l’air quelquefois ;

A bourlinguer ainsi, les démons

D’ égoïsme effacent l’autrefois.


Et la nuit, étonnante maraude

Dans ses rets démaillés, désuet

Subterfuge, enveloppe la fraude

Et se perd, enchantement muet.


C’est un périple absurde, inutile

Soubresaut d’un fantoche naïf


Abrégeons le fol plaisir futile,

Savourons un léger kadaïf

La nuit

J’avance dans ton ombre,

Désir,

J’invente notre histoire,

Parfois,

Soupçon prémonitoire

Pourquoi ?

Sans toi, tout est si sombre.

Gésir.


Ta présence me manque

Néant,

Ton regard et ton geste

Décor,

Absence trop funeste

Encor,

Rejoins vite la planque

Géant.


Quittons vite la nuit

Rancœur,,

Oublions le sarcasme

Enfin,

Le vrai ou le fantasme

J’ai faim,

Dès que sonne minuit

Mon cœur.