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JO CASSEN

Ecrivain, théâtre et poésie

Le banquet éperdu

(Desinit in piscem)

Un entrain éclatant et la fleur au fusil,

Chacun se sait partant, (encore un soir ensemble)

Un moment important, le cortège va l’amble ;

Le retour du prodigue au sein du jacuzzi.


Un instant mémorable, au doux instant choisi,

Même déconcertant, (ce n’est qu’un sous-ensemble)

Mais, fait réconfortant, pas un sourcil ne tremble ;

Serait-il oublié, le temps du cramoisi ?


Manquera Jean ou Paul, Marie est sur la route,

Mais Célimène insiste et combat la déroute ;

Enfin, tôt l’on s’esclaffe au banquet éperdu...


Funeste empêchement, car contre toute attente

L’un ou l’autre désiste, et fièvre militante

S’estompe dans le flou, Dieu que l’art est ardu.


De Charybde en Scylla

28/01/2014

Petit Ourson

Petit ourson vit étonnant

Toujours grognon, l’œil étincelle

Le petit cœur au bout des doigts

Il rêve, il cherche, (ivre nacelle)

Sa raison d’être au fond des bois,

Petit ourson vit détonnant.


Petit ourson raffole miel

Ce goût venu, il y a des lustres

Par fort hasard, en Loir et cher,

Chez le boucher, (un homme illustre)

Epicurien très bien en chair

Petit ourson croit en son ciel.


Petit ourson veut tout savoir

Curieux des gens, aussi des choses,

Et sans raison chante refrain

(Sa ritournelle) : et quoi les roses ?

Pourquoi le feu, pourquoi ce frein ?

Petit ourson est plein d’espoir.


Petit ourson si différent

Découvre l’autre, et sa nature

Le chien servile, un libre chat

Mille vertus de l’écriture

(Ou les plaisirs de l’entrechat)

Petit ourson itinérant.


Petit ourson, un écolier

Un fait banal, pour un p’tit homme,

Auprès du poêle, au fond, l’écart

Pour à ton gré, pioncer en somme,

Maîtresse t’a mis au rancart

Petit ourson de l’escalier.


Petit ourson, tu es papa ?

Que voici la belle surprise

Trois rejetons, et bien campés

Sur le gâteau, c’est la cerise

Tu n’auras plus à décamper…

Petit ourson oublie appât.


Petit ourson a trop grandi

Donne la main et perd le bras

Encore un coup sur l’autre joue

Pourtant n’a rien du fier-à-bras

Un poil taquin, sans abajoue

Petit ourson est un dandy.


Petit ourson veut réveiller

Encore agir, dire et combattre

Ôter le vide en tant d’esprits

Louer les arts, et en débattre

Oser le beau, sans le mépris

Petit ourson émerveillé.


Petit ourson va réussir

Fringante oursonne dit la mesure

Les sons, les mots, le fol talent

Tout le génie en démesure

Que tous en restent bras ballants

Petit ourson, pour éclaircir.


Petit ourson, a mis le feu

(Il fallait bien), mais il provoque

Le roi du zoo, grand dépendeur

Multi mandats sans équivoque,

Tout attaché à sa splendeur;

Petit ourson est boutefeu.


Petit ourson, désolation

N’accepte pas l'ultime embrouille

Sous les effets du piranha,

Les dés pipés et sans patrouille

Tout délayé, le gymkhana,

Petit ourson fait défection.


De charybde en Scylla

18/12/2013

Le canard

Sur la vive rivière, un canard s’est perdu

Le froid a fait son œuvre

À force de lutter contre tous les courants

Il dépose les armes.


Sur la vive rivière, un couplet éperdu

Une ultime manœuvre

Et le souffle s’enfuit tel un écho mourant

Le vent sèche les larmes.


Sur la vive rivière, un silence se fait

Le mot est inaudible

Le lit sait les secrets que jamais ne dira

Le talent de se taire.


Sur la vive rivière, apaisé, satisfait

Le cours d’eau impassible

Tance le peuplier qui jamais ne bruira

Adieu au délétère.


De Charybde en Scylla

16/12/2013

Que chante le caniche

Lauréat du concours 2015 "Plume de Poète"

Ils sont morts ce matin, morts d'avoir voulu croire;

Du berceau de ce monde, étrangers au bonheur

Portés d’un fol espoir, combattants du malheur

Ils avaient bourlingué sans rechercher la gloire.


L’esquif aux cent dangers ballotté, dérisoire

Un périple dantesque exacerbant la peur,

Aux abois, mais si fiers, ils bravaient la terreur

Et ouvraient grands les yeux, au fond de la nuit noire.


Ils ont été trompés et trahis sans vergogne

La raison du plus fort, allez-donc voir ailleurs

L’herbe sera plus verte, oubliez la frayeur

Votre présence nuit quand passe la cigogne.


En ce pays fanstasque où s’empilent gigognes,

Les taxes, les impôts, chimères d’orpailleurs,

Où notre Opale côte exclut les resquilleurs,

L'abri n'est plus offert, ni couvrantes vigognes.


Le peuple souverain, jaloux de sa puissance

Etouffe la pitié , chaque cri reste vain

Le hideux, le pouilleux, bien sûr il s’en convainc,

Doit quitter notre sol, c’est la moindre décence.


Et le discours flatteur parle de renaissance,

De l’effort de chacun, du fertile levain

D’enchanteurs lendemains, de crainte du ravin,

Et le gentil crétin jure l’obéissance.


De tout temps, en tous lieux, sur cette terre riche

Fatuité des uns, sordide lâcheté

Mollesse du quidam, vulgaire mocheté

Ont entraîné toujours la vertu vers la triche.


Peur de la différence, on regagne sa niche

Et l’on reste entre soi pour fuir le tacheté

Ce romani voleur expert du crocheté

Mais demain sera beau, que chante le caniche.


01/11/2013

PSALMODIE

Quel étrange délice

Une saveur gourmande au mémorable instant

Faire la lippe ici, serait fort attristant

Dégustons ce calice


Jusqu’au dernier réveil

Cultive ta mémoire, hurle jaculatoire

Elle ne s’adresse pas au mol en pataugeoire

Tu te dois à l’éveil.


Chante désespérance

Ta maligne folie amusera les sots

La raillerie parfois révèle le ressaut

Espère en l’occurrence.


À combattre jactance

Inutile ou perverse, un regard impavide

Promené sur le monde, il te laisse livide

Et détruit l’appétence.


Demain un chaud soleil

Ranimera la flamme, et une autre culture

Riche de ses désirs, réduira quadrature

De ce cercle vermeil.


La funeste milice

Que des lâches ont armée, a trompé et trahi

Contemple le désastre et ce monde envahi

Comme un goût de réglisse.


De charybde en scylla

9/10/2013

Impression soleil couchant

Les yeux vers l’horizon au soir de pâle automne,

Doucement, je me laisse envahir par le beau,

Cet étonnant spectacle où plus rien ne détonne,

L’Ivresse de l’instant enchante le poulbot.


La colline est en feu, le ciel fou qui rougeoie

Jette sans décompter ses flammèches rubis,

Et si le vol soudain d’un passereau en joie

Trouble le décorum, c’est bel effet subit.


La nature a comblé de bienfaits tous les hommes

Qui n’eurent cesse alors de se prendre pour Dieu

Et saccager toujours, éditer mille sommes

Justifier toujours le pervers et l’odieux.


Décrire bien ou mal est fol manichéisme

Le pourri tout en toi, envenime à plaisir

Ce que jamais nul autre, au lointain archaïsme

N’osa édulcorer, quel que fut son désir.


C’est bien toi le maudit, par toi le mal arrive

Lâche thuriféraire, avide complaisant

Tes élus ne sont rien, déjections en dérive

L’excuse inexcusable au pauvre con plaisant.


8/10/2013

Je vous parle, n’écoutez pas !

Je vous parle d’un temps qui n’existera pas,

Je vous dis un instant aberrant et stupide,

Je vous parle d’un vent qui souffle sur mes pas,

Je vous parle de rien, étonnant insipide.


Passez votre chemin, obtus du voisinage.

Passez et savourez la daube que l’on sert.

Passez et entendez encore le ramage,

Sur un plateau servi, encornés comme cerf


Le monde des fils de, des églises, chapelles

Des châteaux en Espagne, à vous si cohérents

Des leurres par millions balancés à la pelle


Je vous parle d’un crime ô beaux indifférents

Le meurtre d’un pays qui lentement s’enfonce

Tandis que décideurs sont ivres de défonce.

Le baragouin.

L’avez-vous vu, tout raide ?

Céans, l’avez-vous vu ?

L’éminent citharède

Alors, l’avez-vous vu ?r


Moi, je l’ai rencontré

Ô fugace voyage

Ténor de l’embrouillage

Le fol de nos contrées.


Des crétins, des idiots,

Des clones de satrapes,

Chantres de chausse-trapes,

Délire oratorio


J’en croise et j’en recroise

Et me navre toujours,

Que l’on confie un cours

A crétin qui dégoise.


Et voilà que l’on sauve

Le fieffé margoulin,

L’âne de mon moulin,

Parangon de l’alcôve.


Il faudra bien qu’un jour

Ou une nuit peut-être,

On ôte le salpêtre

En traversant la cour.


Nos enfants ont besoin

Au siècle du grand monde

De tout ce qui inonde

Et pas du baragouin.


Pour aimer le folklore

L’histoire des aïeux

Le parler rocailleux

Je dois culture éclore.


Protégeons notre toit

Dédale sans issue

Fausse idée préconçue

Qu’un pays de patois.

Et il tourne le monde...

le cul par-dessus tête.

Ce mouvement est fou et rien ne peut survivre.

Partout, le peuple vassal, à genoux, ployant sous le fardeau quémande son obole,

toujours prêt à se vendre, comme aux plus noirs moments,

pour un fruit, une viande, un cd de la star

ou un sourire complice.

Le délateur jaloux hante tous les couloirs.

Il a trahi son père, il a livré sa mère

Et ses frères ou sœurs ne représentent rien.


Vous n’avez rien compris hobereaux parasites,

Il n’y a rien à faire,

La lâcheté des peuples est foncière et totale,

elle vous emportera et avec vous l’histoire.

Le tout d’un même jet, et vous n’y ferez rien.


Hier une entreprise assaillie de tourments,

ployant sous le joug de charges et de contraintes,

aujourd’hui des épaves, friches d’un autre monde.

Les princes d’aujourd’hui de finances ou médias,

ces artistes géniaux,

sous-couches de papas et mamans du sérail,

purs génie de l’image, illusoires entités,

se cament tous en groupe et s’entre- sodomisent,

soliloquent arguties et ricanent débiles.


Vous n’avez rien compris,

maniaques résistants d’une idyllique histoire,

qui prétendez défendre en jouant le repliement.

Votre résidu d’île est un leurre de l’esprit.

Il engloutira tout.


Voyez-vous autre chose qu’une révolution ?

Qui croyez-vous demain pour relever le gant ?

Vous êtes tous les fruits de ce magma immonde,

vous en êtes les fruits

et le ver est dedans.

Désillusion

J’aimais pourtant le beau, le simple et la nature

Nul Artifice ou fard

J’ai le songe aussi vide que le ciel est noir

De cette vie suis las.


Je m’arrête en chemin, refus d’investiture

Plein de doute et cafard

A contempler ce monde aux odeurs d’urinoir

De charybde en Scylla.


Aux portes de l’enfer, ivre désinvolture

Sous le grand air blafard

Brûler mes illusions, hérésie de couard

Qui rompt le pugilat.


Lorsque l’on est inapte à quelconque imposture

Et pas même soiffard

Que reste-t-il encor ? De quoi se prévaloir ?

Rien. Tu meurs et gis là.