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JO CASSEN

Ecrivain, théâtre et poésie

Section 1 : Poésie Classique régulière

2ème Prix

Commedia dell’arte

Sous la brune complice, en la lande côtière,

Las de marivauder, Colombine, Arlequin

Cherchent le nid d’amour, le refuge coquin

Pour épuiser le corps, enjamber la frontière.


L’insolente se rit (verve primesautière)

Du complexe bourgeois, de tout le saint-frusquin,

Elle exhale malice, experte du taquin

à damner le Seigneur et son église entière.


Il ne faut rien de plus pour que d’un étourdi

La perverse lutine érige un dégourdi

Enflé de suffisance et la lippe alléchante.


L’oiseau de nuit connut moins de rites charmeurs,

La lune resplendit tant la lyre l’enchante.

L’écho chante l’exil des puritaines mœurs.

Section 2 – Néo-classique

2ème Prix 

Le goéland

Longtemps il contempla la grande fabuleuse,

Immobile et serein, presque en catimini

La vie en la seconde avance ensorceleuse.


Quelques mèches dansaient, tutoyant l’infini,

Des perles clignotaient dans le silence lourd

Ici tout est parfait, nul embrouillamini.


Le timide ressac joue à pas de velours

Le cri de la mouette interpelle l’étoile ;

Du haut du promontoire, il apparaît balourd.


C’est la première fois, devant ses yeux un voile,

Un étourdissement, l’ivresse de l’appel,

Pour le paralyser, le piéger dans la toile.


Il doit rompre le fil, si besoin au scalpel

Ne pas tergiverser, nier l’inquiétude

Ne pas vivre l’envol en lamento gospel.


Le temps nous a fourni l’amère certitude,

Le doute qu’on maîtrise estompe le tourment,

Il agit maintenant en toute plénitude.


Il a vaincu la peur, blessure, effarement,

Hésiter il le sait serait mesquinerie,

Sa résolution porte le bon ferment.


A l’instant du départ, pas de bouffonnerie

Bien sûr il faut oser, oser prendre l’élan,

Le rebelle se tait, pas de mutinerie.


Campé, déterminé, l’immense goéland,

A plongé son regard dans mes yeux de tristesse,

Dans le vide déjà je le vois planer lent,


Pour un dernier adieu plein de délicatesse.

.

Section 3 – Poésie Libérée, non rimée

3ème Prix

Rêverie d’un promeneur solitaire

Il marche lentement les pieds nus sur la grève,

Solitaire.

Un clapotis léger de timide ressac,

Le reflet ondoyant sur la belle bleutée,

Le chuintement discret

D’un élégant rapace,

Et le frisson s’oublie où veille le désir.


La nuit porte le vent des étranges frontières ;

Inconnu,

Le monde de l’obscur révèle l’ouverture

Vers des rivages flous aux masques surprenants,

Des ilots, la garrigue,

Des chapelets d’étangs,

Et l’esprit imagine où la vision s’égare.


Le pas dans la pénombre ignore les roseaux ;

Il progresse

Sans hâte, émerveillé, serein, libre, il conçoit

L’invisible aux attraits qui charment, ensorcèlent,

Oniriques appâts

D’un espace d’envie

Où la beauté du site ajoute au fascinant.


Demain le flamant rose ou les échasses blanches,

Le héron,

Le goéland railleur, diront la découverte

à quelque salicorne ou cormoran glouton

D’une lande magique

Aux parfums enivrants

Où mille dieux jaloux ont voulu l’ineffable.

Section 5 – Poésie Libre rimée

2ème Prix

Petit esquif

Vogue, vogue petit esquif,

Pauvre coquille à la dérive.

J’avais rêvé naïf l’horizon idéal,

Un songe étincelant où scintille l’étoile,

Le dessin de la muse immortelle et sans voile,

Mais l’ange démoniaque asservit son féal.


Vogue, vogue petit esquif,

Pauvre coquille à la dérive.

Un déluré tourment empoisonne l’humeur,

L’irrémédiable angoisse a repris son ouvrage

Et preste s’insinue, effaçant le courage

Du freluquet badin qui nourrit sa tumeur.


Vogue, vogue petit esquif,

Pauvre coquille à la dérive.


Sur la plage déserte, enterre tes désirs,

Disparaissent ses yeux, sa lippe tentatrice

Plonge dans l’inconnu ; la vague rédemptrice

Emporte tes émois, ô futiles plaisirs.


Vogue, vogue petit esquif,

Pauvre coquille à la dérive.

1er PRIX Section 6 - Acrostiche


Odyssée

La douce nappe bleue, un récital d’accords,

Amusette coquine assouvit son caprice.

Masse ses bras, son ventre, enveloppe son corps

Et puis aussi ses reins, ô noble tentatrice

Redouble ton ardeur, le temps est suspendu.


Aux farouches amants, chante la litanie.

Bercée au désir tendre, un attrait défendu

Erige le tremplin de l’atroce avanie ;

Redoute le regard plus que mes fols embruns,

Camoufle tes secrets des yeux de bienséance

Et savoure le temps, je t’en offre ces brins.


Mets ta main dans ma main, je sais la doléance

Oublions la réserve, et fi de l’apparat,

Nourris-toi folle enfant du fulgurant prodige.


Crois-le ce sortilège au reflet nacarat,

Ondule de pudeur, accepte le vertige

Et conte nous plaît-il cette riche odyssée,

Ulysse fut héros, fabuleux, éternel,

Regarde nous ma mie, et vis la panacée.


Pour croire à l’avenir, à l’amour fraternel,

On a besoin de l’autre et de s’aimer soi-même,

Une vague t’emporte et tu deviens titan,

Riche de cent projets, royaumes en bohème.


La plage et le maquis du pays occitan,

A l’aube de ce jour où tout se reconstruit,

Viens petite je t’aime, aime-toi, je te prie,

Il suffit de vouloir, d'accepter cet autrui

Et caresser l’espoir, celui qu’on s’approprie.

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