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JO CASSEN

Ecrivain, théâtre et poésie

Chimère

Quel est cet air canaille ?

La posture effrontée ou l’étrange regard

Qui me perce, m’émeut, ce petit teint blafard…

Tout ce qui me tenaille.


Comment ici dépeindre,

Une scène fantasque où le naturel fuit,

Où chaque trouble vain nous ramène à la nuit…

Je ne veux pas m’astreindre.


Je combats la cohorte,

Des esprits malfaisants ; Ces fantoches jaloux

Hantent l’inconscient et hurlent comme loups…

Pour cette image eau-forte.


Factice souvenance

De leurres se sustente ; Elle invente le noir

Et crée ivresse folle ou profond désespoir…

Une folle Immanence.


Jo Cassen

16/04/2014

Recueil « Horizons dans la brume »

ISBN 979 10 90120 22-8

Il voulait voir la mer

D’aucuns ici souvent s’étonnent

De ce regard désenchanté,

Il pleure, il crie, et même il tonne

Sur l’ivre Eden, détruit, hanté.


Pauvre poète analphabète,

À déchiffrer le rien, le faux,

À refuser toute courbette,

Use ses vœux, vilain défaut.


L’espoir est vain, chantre inutile,

Eteins le donc ce fol lampion,

Retrouve vite un air futile,

Tu ne peux pas être champion.


Contemple-les, tes congénères,

Eux aux métiers de scène et d’art,

Dans leur confort imaginaire,

Tu es bien sûr, juste un tocard.


Ce geste fou, la main offerte,

Pour ton mérite ou le talent,

Pour vaincre aussi le froid, l’inerte,

Et ne pas vivre bras-ballants.


Ce sont amis, une famille,

Solidaires et chant en chœur,

Main dans la main sous la charmille,

Qui soigne, apaise la rancœur.


Tu t’es trompé, ce n’est pas grave,

Il faut apprendre et se blinder,

Et dénouer ces mille entraves,

Pour s’esbaudir au jeu guindé.


Le mesquin mal porte défroque

Masqué toujours, il triche et feint

Il est jaloux de son pébroque

Et jamais n’offre un coupe-faim.


Cours, cours Forrest, l’ennemi cherche

Tu auras plus à espérer

Que de l’ami, ce vrai faux derche

Pour qui tu es pestiféré.


Sur les galets, ou sur le sable

Toi qui voulais tant voir la mer

Tu deviendras imperméable

À toute écume de l’amer.


Fantaisies

28/06/2014

Fantasmagorie

Le fruit délicieux se meut fin, délicat,

Velouté, carminé, émotion chimérique

Un appât, un aimant, parfum ésotérique

Ouvre la course folle en folle troïka.


À l’infini le blanc, la balalaïka,

Blottie à étouffer, une osmose onirique

Qui traverse le temps, espace féerique,

Pour conjurer Babel cause romanica.


Les délices du vent lui cinglent le visage,

Ses tourments ignorés dans le froid paysage,

Il touche au mont Parnasse en fabuleux Pierrot.


Au firmament ravi, flèche subliminale

Chante l'air éclatant que porte le héraut,

Rien plus jamais ici n'aura grâce banale.


16/06/2014

Fantaisies

 Aux rives d’Achéron

Toute Fraîche beauté

Idyllique sauvage

Illusion nouveauté

Vers un autre rivage.


On s’abîme souvent

Au doux élan volage,

Paradis émouvant

Au chaud en ton village.


Se réveille parfois

La douleur reconnue,

Souffrance d’autrefois

Sous la lèvre inconnue.


Et le sommet vermeil

Devient inaccessible

Tu rejoins le sommeil

Le silence indicible.


Fantaisies

05/06/2014

La quête

Si tu es las des balivernes

Du piège à con, des errements,

De l’inutile égarement,

Tu dois sortir de ta caverne.


Bien sûr le ton est péremptoire

Mais tu n’es pas un percheron,

Ou ce vulgaire tâcheron

Objet d’un fol réquisitoire.


Arrêtons là, tout ce délire,

Laissons naïf et franchouillard,

Et vivement chassons brouillard

Pour composer d’une autre lyre.


Ainsi l’on vainc le ridicule,

La haine encore et le pervers,

Mais la médaille a son revers,

Il est très haut le monticule.


La liberté, socle conquête

Pour dessiner notre alentour

Loin des chacals et des vautours

Pour nos enfants, la belle quête.


8/06/2014

Fantaisies

Le roi et l’oiseau

Et tu peux maintenant accéder au bonheur,

Chaque trouble estompé, sans rancune tenace,

Tout cauchemar banni, las d’un combat pugnace,

Tu sais que la bergère attend le ramoneur.


Pour accéder enfin au chemin de lumière,

Pas à pas, de longs mois, tant d’efforts sans compter,

La raison qui vacille et tout effroi dompté,.


Il est haut de plaisir cet ultime détour,

Il embaume ta peau, réjouit alentour,

Eden ou Nirvana, le bord de la rivière.


Embûches par milliers, pièges de suborneurs,

Artifices menteurs, intrépides menaces,

Pour la clarté toucher, au sortir de cent nasses,

Nous aurons tout vaincu, même les flagorneurs.


15/04/2014

Je suis venu te dire

Le vermisseau et le ver Adam

(Sur une idée et un titre de Nathalie Cuisset)

Au début fut le vide, un doux pays sauvage

Tout autour un ciel bleu, léger souffle serein,

Déjà quelques oiseaux jouaient de leur ramage.


La douce quiétude et aucun pèlerin ;

Jaloux de son pouvoir, le « superbe architecte »

(Il tenait tout son monde en sa poigne d’airain)


Voulut s’offrir un jeu, (point de façon suspecte,)

Pour permettre à demain de croître et embellir,

En cela l’obligeait décision circonspecte.


Longtemps il réfléchit… au comment établir

Une démarche forte, approuvée et fertile

Et que dans la durée on ne viendrait salir…


Et vint le ver Adam… charmant, svelte et de style

Souvent se prélassait dessous les arbres verts

Il éprouvait ses sens, notamment le tactile…


Solitaire jouait, printemps, étés, hivers

Le bonheur en son cœur faisait vibrer sa tête,

Le « créateur de tout » s’avisa du pervers.


On ne peut de la sorte, avec ce qui l’entête

Laisser Adam tout seul, et sans un avenir…

Et voilà « Grand Sais tout » devant un casse-tête !


Archimède souffla la clé du devenir,

Rompre la solitude, il fallait cette idée…

D’une côte flottante, il créa pour finir…


Un joli vermisseau, la suite est validée !

La couple porterait haut la noble ambition

Ecrire grande histoire enfin consolidée.


Aux rives de la seine, on prête l’attention

Au changement profond, nouvel ordre du monde,

Et devant « l’ Ineffable », on fait génuflexion.


L’ouvrage cent fois mis, même en le demi-monde,

Sans effet se révèle, ici un coup pour rien…

(Ailleurs pouvez courir à gré sur mappemonde)


Il y aura gens bons, et aussi des vauriens

Qui diront haut et fort ce que fut cette gloire

Et pour convaincre encor, brameront wagnérien.


« Immense Grand Sachant », reconnut le déboire,

Mais que sa folle audace, une anticipation

Avait ce petit truc, le plus compromissoire…


Aujourd’hui est trop tôt, mais pas de sédition

Dans dix mille ans peut-être, à bout de toutes forces

Sans doute sera temps, d’arrêter production…


Alors un vent nouveau, justifiera l’amorce

La décision sublime, Adam et Vermisseau

Divins entremêlés jetteront cette entorse

À prolifération des gènes à pourceaux.


Je suis venu te dire

16/02/2014

Ma roulotte

Quand il était enfant, au pied de sa roulotte,

Médor à son côté, fol rêvant d’un demain

Il contemplait le fleuve et son âme pâlotte

Inventait des transports par un autre chemin.


Il a toujours songé ce gamin déroutant

Que le combat est vain, car l’obstacle est dans l’homme,

Cette entité confuse, au pouvoir envoûtant

Qui répugne à agir mais qui croque la pomme.


Regardez alentour, vous êtes cent témoins

Du laxisme pervers, d’incompétence crasse,

De molasse attitude, et debout néanmoins

Vous voulez croire encore à la divine trace.


Vous êtes sots, naïfs, et même dangereux

D’imaginer ici, qu’un éclair soit possible.

Illusion splendide, ode aux crétins heureux

Des ânes livre-saint, la vertu infaillible.


Fastidieux discours, diatribe lyrique

Le mensonge est partout et l’étroit pantalon,

Théâtral artifice, un leurre amphigourique

Tétanos de l’esprit, votre rêve ballon.


Je suis venu te dire...

07/02/2014

Le chat Devil et le rat des chants

Le Chat DEVIL et le rat des chants

Je suis venu te dire...

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C’est l’instant ou jamais,

Quand les routes se croisent,

Que vous cherche des noises,

Le sachant du sommet.


Vous voici désormais,

Intrépide et stupide,

Offert au fol cupide

Qui n’a rien d’un gourmet.


Il est impressionnant,

Ténor de la voltige,

Jaloux de son prestige,

L’élan vibrionnant.


On cherche le cactus,

La raison, le mobile,

La faute indélébile ;

On reçoit un rictus.


Et que dire au Soleil ?

Il est maître sur place,

Il impose ou déplace,

D’ici-bas… à Créteil.


Merci pour les humeurs

Et les pantalonnades,

Et autres « bouffonnades »,

A flatter cent frimeurs.


Je n’en voulais pas tant,

Si l’art est éphémère,

Musique douce-amère

Chante l’air épatant.


Chez soi, tout un chacun

Rentre calme et prospère,

Chat Devil et compère,

Que le sort est taquin !


Là, cet autre méchant

Objet de l’hécatombe,

L'épitaphe sur tombe :

« Ci-gît le rat des chants »


Je suis venu te dire…

07/02/2014

Le cauchemar de Chat Pierrot

La nuit dans son sommeil

Il rêve des rois mages

Et des belles images

Qui fleurent le vermeil.


Une douce musique,

Un parfum délicat,

Un air d’harmonica

Le jouir amnésique.


Qu’il est bon et douillet

Cet infini délire

Lorsque chante la lyre

Au bois de Rambouillet.


Pourquoi ce laid mensonge ?

Pourquoi rire de moi ?

Me narguer sans émoi ?

Pourquoi tuer le songe ?


Je ne le connais pas,

Ce minet qui me joue

Et tout contre ta joue

Murmure mon trépas.


Tu aimes les énigmes

Quel est-il ce ringard,

Qui fouille ton regard

Souffle des borborygmes ?


Je ne le comprends pas…

Dis-moi, ma Colombine

Tout ce que lui combine

Ne te concerne pas ?


Le jardin des délices,

Le bonheur, les plaisirs,

L’ivresse des désirs

Nos sourires complices ?


Et voici que tu feins,

Et tu mimes la scène;

Il est faux et obscène,

Ton air de séraphin.


Je ne te comprends plus :

Quand tu me dis je t’aime,

C’est pas un stratagème ?

Je ne t’ai pas déplu ?


Et ma nuit est pourrie,

Je dors en soubresauts,

Le bon dernier des sots,

Victime de rouerie.


Tant pis pour le tourment

Je reste pitoyable

Ma posture enviable

A un côté charmant.


Je n’ai donc rien à dire

Et taire le soupçon

Oublier le frisson

Surtout ne pas maudire.


Hourrah ! c’est le réveil

De Maître de de Maîtresse

Vivement la caresse

Et le plus beau soleil.


Je sais ma Colombine,

Tu reviendras ce soir,

Tu me laisseras choir...

Que tourne la bobine!


Je suis venu te dire…

08/02/2014

 Chat Pito en sa mangrove

Chat PITO en sa mangrove

Je suis venu te dire

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Cet endroit fort champêtre,

Un Eden à souhait

Me permet de paraître

Différent qu'un jouet.


Je suis le chat Pito

Chaque soir je chemine

Funambule au tréteau

Drapé dans une hermine.


Dessous les projecteurs

Et autres artifices

Je suis le laudateur

Je remplis mon office.


Je suis le chat Pito

L’auguste de la foire

Dadais sous écriteau

Qui chasse le pourboire.


Un fugace plaisir

Offert à populace

Qui n’avait pas désir

Et qui reste à sa place.


Cet endroit fort champêtre,

Un Eden à souhait

Me permet de paraître

Différent qu'un jouet.


Je suis le chat Pito

Je rejoins la mangrove

J’ai laissé le plateau

Et maintenant j’innove…


Sous les palétuviers

Taquine gobe-mouches

Je vois que vous m’enviez

Prélassé sur ma couche…


Je suis le chat Pito

Mes amis : La palourde

Le cailli, plus d’étau,

Plus de fuite balourde.


Marécage, forêt

Le pic-noir, la pisquette

D’allure, un peu sauret

Je jouis de ma conquête.


Cet endroit fort champêtre,

Un Eden à souhait

Me permet de paraître

Différent qu'un jouet.


Je suis le chat Pito

Loin des ors et du monde

Le ciel, mon chapiteau

Loin du faux, de l’immonde.


Je vis en étranger

A tout ce qui bouscule

Et pour me louanger

Chassez le ridicule


Cet endroit fort champêtre,

Un Eden à souhait

Me permet de paraître

Différent qu'un jouet.


Je suis venu te dire…

08/02/2014

La Sambre

Je m’étais arrêté au bord de la rivière

Un clapotis léger, et quelque chant d’oiseau,

Un pêcheur attentif sur un frêle bateau,

Que faudrait-il de plus pour quitter sa tanière ?


Peut-être est-ce cela qui encor m’interpelle,

Assis nonchalamment sous l’étroit peuplier,

Et portant mon regard sur village hennuyer…

L’esprit est en vacance, ignore qui l’appelle.


La solitude est belle où la souffrance étreint,

Quand les mots sont de trop, la présence inutile,

La connivence vaine et le sourire futile ;

Elle ouvre un projeté que nulle ombre restreint.


Lorsque je me complais d’un désarroi profond,

Le noir dedans le cœur et les sombres alarmes,

C’est ici que je viens, pour que coulent mes larmes.

Elles drainent je le sais, un désir du tréfonds.


09/02/2014

Vagabond'âmes

Des oiseaux sur la branche

J’ai regardé longtemps

Par-dessus ton épaule,

Et je n’ai jamais vu

(Faut-il que j’imagine)

Un horizon plus beau ;

Là où tes yeux contemplent,

Je reconnais l’Eden,

Lorsque ta bouche croque,

Je voudrais être fruit.


Ce que sommes ensemble,

Debout sur le chemin,

Au grand vent de décembre,

Au soleil de juillet,

Des oiseaux sur la branche,

Des oiseaux à bon Dieu,

Qui chantent leur délire

Sur un air d’opéra.


J’ai regardé longtemps

Par-dessus ton épaule

Je n’avais rien prévu

(Près de ma sauvagine)

Je suis fier poulbot

Le grand gardien du temple

Caché sous son loden

Une bête défroque

Pour oublier autrui…


Ce que sommes ensemble,

Debout sur le chemin

Ou lovés dans ta chambre

Un bonheur gentillet

Une passion franche

Un séjour radieux

Pas besoin d’une lyre

Sur notre riviera.


J’ai regardé longtemps

Par-dessus ton épaule

Ce que sommes ensemble

Debout sur le chemin

J’ai regardé longtemps

Par-dessus ton épaule

Ce que sommes ensemble

Debout sur le chemin


Je suis venu te dire…

10/02/2014